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FR

Depuis déjà dix ans, les Chateau Marmont, qui étaient quatre au départ et ne sont plus que deux aujourd’hui(comme si certains s’étaient en cours de route perdus dans les méandres du mythique hôtel de Los Angeles), ne cessent de brouiller les pistes. On les connaissait garants d’une école très prog-rock, ne jurant que par les années 70, la langueur californienne, l’analogique et les synthés modulaires, comme la rencontre fantasmée deJean-Michel Jarre et Steely Dan. Et puis, il y a deux ans, leur premier album « The Maze » est venu démentir en beauté tous ces clichés, et placer la barre un cran plus haut : Chateau Marmont s’affirmant comme les meilleurs héritiers actuels d’une tradition d’orfèvres de la mélodie, et de l’arrangement made in France, une science qui puiserait ses inspirations, aussi bien sur les traces des Michel Colombier, Gainsbourg que Michel Magne ouFrancis Lai… Les Marmont aiment la pop sous toutes ses formes, ne s’en cachent pas et il suffit d’écouter les projets (Glass Figure, Exotica, Stella Le Page, Kiddy Smile ou Aquaserge) de Chambre 404, leur propre label où ils poussent leur goût de l’expérimentation dans ses ultimes retranchements, pour s’en convaincre. Ou réaliser que les Marmont portent enfin la casquette de producteurs les plus courus de la scène parisienne et française.

Dès le premier titre de «Sound Of Shambala», le nouvel et deuxième album des Chateau Marmont, on comprend d’emblée que le duo a décidé désormais de nous projeter dans une autre galaxie qui se nomme le dancefloor.
Un centre névralgique qui converge tout entier vers cette utopie hédoniste qu’est le Shambala, un Eden issu de la mythologie hindou, dont les portes sont ouvertes à ceux qui ont soigné leur karma, et capable de révéler la lumière intérieure qui sommeille en nous. Une mythologie psychédélique, comme les Chateau Marmont en raffolent, qui colle parfaitement à la philosophie hédoniste de «Sound Of Shambala ».
Un disque autant porté par la french touch des années 90 (Alex Gopher, La Funk Mob, Demon…), les hautes heures du garage new-yorkais (les Masters At Work et leurs rythmiques diaboliques), le revival house music actuel, la soul dans ce qu’elle a de plus intime évidemment… Mais surtout, toute la jeune école anglaise issue de l’underground dubstep (et dont elle s’est désormais affranchie) : les Disclosure et autres Aluna George pour ne citer qu’eux. Pour pimenter le voyage, les Chateau Marmont ont soigné les vocalises, invitant l’incroyable Stefaloo dont on avait remarqué la folk mélancolique façon Cat Power, Bent Van Looy échappé de la pop sucrée des Das Pop, Rouge Mary sublimée en créature pour boules à facettes, l’inclassable Gush ou la divine Stella LePage…  Mais aussi de producteurs new-school comme le duo français Twinsmatic ou en la personne d’AlexGopher, papa de la french touch s’il en est.
Idéalement situé au croisement de plusieurs influences (le r’n’b, le garage, la house filtrée…), mais très français dans son obsession pour la mélodie et la mélancolie, «Sound Of Shambala» est un disque qui n’a pas peur d’afficher sa générosité, qui laisse dès la première écoute sans voix, tant on sait que la touche replay va en devenir le synonyme.

Un album qui n’hésite pas de passer de la soul déchirante de « Don’t Cry » ou « A.T.T.Y.S » aux bombes taillées pour le dancefloor comme « Paris La Nuit » ou « Nothing To Hold Back », en passant par de pures caresses WestCoast comme « Everybody is Somebody » ou « City Of Giants », un peu comme si la French Touch s’était exilée àLos Angeles, histoire de mieux fermer les yeux en fonçant sur l’autoroute et de se gorger de soleil. « Sound Of Shambala » est disque qui s’écoute autant qu’il se danse, qui joue avec les genres, et dessine tranquillement une nouvelle cartographie, entre Londres, New York, Los Angeles et Paris, de ce qu’on appelle désormais la house music.

EN

Chateau Marmont (there were initially four of them, but only two remain today,as if the others had been lost along the way in the maze of the legendary LosAngeles hotel) have been taking us by surprise for ten years now. We knewthem as devotees of a very prog-rock school firmly rooted in the 70s, Californian languor, analogue sound and modular synths, like a dream encounter between Jean-Michel Jarre and Steely Dan. But then their first album, “The Maze”, spectacularly exploded all those clichés two years ago and raised the bar a notch. On it, Chateau Marmont positioned themselves as today’s greatest heirs to a brilliant tradition of melodies and arrangements made in France, a science that naturally draws its inspiration as much from the lega cies of Michel Colombier and Gainsbourg as from Michel Magne or Francis Lai.
The Marmonts make no secret of their love of pop in all its forms. When we listen to the projects (Glass Figure, Exotica, Stella Le Page, Kiddy Smile and Aquaserge) developed by the Marmonts’ own label, Chambre 404 – projects that stretch their experimental tastes to the limits – that love of pop shines through, as does the Marmonts’ acceptance of their role as the Paris and French scene’s most popular producers.

Right from the start of “Sound Of Shambala”, Chateau Marmont’s second album, we realize the duo have now decided to carry us away into a new, dancefloor galaxy.

« The original ideal for this albm was to make modern music with vintage machines. Re-create with 70s 80s electronic instruments this type of music that is usually done on a computer in a home studio.
Half of this record relies on collaborations with producers, arrangers, musicians, singers. Its something we’ve wanted to do for a long time, explore new horizons and mostly share the musical worlds of others. In a general way, we wanted to make things in a fresher way, less intellectual than the last record ».